Catalina, le « Windows Vista » d’Apple ?

Catalina, le « Windows Vista » d’Apple ? Un management interne qui déraille ?

Le 12/10/2019 à 10h30

Les temps sont durs pour Apple cette année, du moins, sur la partie logicielle : d’iOS à macOS, les utilisateurs ont tout simplement l’impression de jouer avec des versions betas, qui ont bien du mal à se stabiliser.

Ce n’est d’ailleurs pas tous les jours que TheRegister parle de qualité « à la Windows Vista » et compare le dernier macOS à « Apple Maps », un running-gag qui marque toujours les esprits. Il faut dire que certains développeurs, comme Tyler Hall, ancien de Yahoo! et derrière des programme tels que VirtualHostX, Hostbuddy, et Hobo, n’y est pas allé de main morte sur son blog. « Voilà ce que j’ai obtenu en cinq minutes après l’installation » rapportant une capture d’écran remplie de bugs et de demandes d’autorisation à tout va :

L’homme -dont le témoignage a fait grand bruit à Cupertino- semble regretter, comme beaucoup, qu’Apple s’impose des sorties annuelles aussi ambitieuses sans prendre le temps de corriger les bugs« Mon regard se tourne vers les gestionnaires et les spécialistes du marketing qui poussent vers un cycle de publication aussi dingue. Et aussi chez les dirigeants qui – derrières les nouveaux Mac Pro et écrans XDR, ne voient évidemment plus le Mac comme une priorité. » Ces commentaires sont loin d’être isolés « macOS Catalina est comme un feu de poubelle en ce moment. Je ne suis pas prêt de mettre à jour une seule machine. Certainement pas en production (il ne faut jamais faire cela), et je ne vais même pas encore le faire sur mes ordinateurs portables » déclare Quinn Nelson, de SnazzyLab.

Pour Steve Troughton-Smith, la qualité logicielle d’Apple s’est effectivement dégradée, et l’homme n’y va pas par quatre chemins : « Je pense qu’ils ont fait un peu mieux l’année dernière aux dépens de cette année […] Ils ont des problèmes de qualité logicielle depuis au moins iOS 7 et l’arrivée de [Craig] Federighi. […] Je pense qu’iOS 8, 11 et maintenant 13 ont été des points de rupture. Avec iOS 13,,c’est la première fois que le système d’exploitation n’arrive pas au bout pour la sortie de l’iPhone. Il existe une récurrence qui peut être dûe à l’échelle / à la complexité, ou au style de gestion, mais tout ça semble tenir vraiment à un fil. »

Voilà des déclarations qui rejoignent un billet publié anonymement par un employé d’Apple en fin de semaine, et qui relève quantité de critiques sur la façon de travailler au sein de la société : absence de communication entre les équipes, des managers qui n’écoutent plus les ingénieurs, du temps perdu en cas de problème (car plusieurs équipes peuvent travailler sur un même produit sans jamais se parler), c’est la culture du secret qui est pointée du doigt et qui semble être en grande partie responsable des difficultés à fournir des programmes conformes en terme de qualité. « C’est que la partie visible de l’iceberg. Il existe chez Apple des problèmes fondamentaux et graves que personne dans la gestion ne se soucie de résoudre. Chaque fois que les ingénieurs essaient de se rassembler ou de travailler sur quelque chose de constructif avec une autre équipe, ils sont flingués. »

Le fil de discussion est sans équivoque, certains regrettant la grande époque Jobs/Betrand Serlet « au moins à l’époque, tout le monde se parlait ! », d’autres se plaignant carrément de sexisme « Il n’y a aucune femme dans le management ! » se plaint une employée travaillant apparemment sur iCloud. « Dans le département d’iCloud, il n’y a aucune femme dirigeante pour une organisation de plus de 200 personnes. Dans un autre pays, après les récentes réorganisations, il ne reste plus qu’une dirigeante dans une organisation de plus de 600 personnes et, même dans ce cas, elle ne dispose que d’une petite équipe d’ingénieurs. Pas de représentation non plus dans la haute direction. »

Représentatif (ou non) de ce qui se passe réellement chez Apple, ces témoignages restent certainement symptomatiques d’un problème de fond, désormais bien visible pour les utilisateurs. De mémoire, rarement des systèmes n’avaient suscité autant de critiques et de plaintes au moment de leur sortie, et cela ne semble pas prêt de s’arrêter de sitôt.